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Erik Schaix, Couturier Designer

Créateur de robes et de bijoux, collectionneur de pierres et d’œuvres d’art, mécène, producteur d’événements et initiateur de tendances, Erik Schaix s’attache avant tout à transmettre l’esprit du beau et du luxe sous toutes ses formes.

Pour lui, seule compte la volonté d’entreprendre et d’aller au-delà de tout ce qui peut entraver la création. Il touche à tout, avec talent et insolence, sans se soucier de savoir ce que peuvent en penser les autres. Lorsque l’on disait à Jean Cocteau qu’il touchait à tout, il répondait : « il vaudrait mieux dire que tout me touche ! ». Pour Erik Schaix, les limites ne sont pas acceptables lorsque l’on se situe dans le monde de l’art et il s’efforce, jour après jour, d’entrer dans une terra incognita, une terre inconnue à découvrir, explorer et défricher au gré de sa fantaisie et de son désir créateur.

Jusqu’au bout des choses

 

Bon dessinateur, dès qu’il a un moment de libre, il fait une profusion de croquis où il invente robes, bijoux et accessoires, pour n’en retenir qu’un ou deux qu’il travaille jusqu’à la réalisation finale. Il n’y a qu’à voir les tailleurs de ville ou les robes du soir exposées dans le showroom de la rue Saint- Florentin, et ses vitrines de bijoux pour se convaincre de son talent et de sa richesse créatrice.

Pour lui, rien n’est impossible, rien n’est irréalisable : toute difficulté a sa solution. Il a le don de savoir allier couleurs et matériaux, jonglant avec les perles, les pierres précieuses et les formes pour donner une identité originale à ses créations. Elles sont reconnaissables au premier coup d’œil, qu’il s’agisse d’une robe, d’un bijou ou d’un accessoire.

Ce couturier-designer n’en finit pas d’étonner toutes celles qui lui font confiance depuis tant d’années et depuis ses débuts. Sa franchise et son franc- parler sans flatterie, sans esprit courtisan, plaît à ses clientes, surtout aux Premières Dames. Chez lui, elles viennent chercher un avis sincère qui leur permettra d’être encore plus elles-mêmes. Comme le dit Erik Schaix : « Chaque personne a en elle un secret. Le percer me permet de créer une robe unique mettant en relief ses qualités aussi bien physiques que spirituelles. À moi de découvrir son originalité et de la concrétiser dans ce qu’elle portera ».
On comprend facilement pourquoi Erik Schaix est infatigable. En véritable insatisfait, ce créateur ne connaît pas la routine et s’impose des challenges permanents pour avancer.

Il n’a jamais dérogé aux objectifs qu’il s’était fixé ni cédé à la facilité. Une règle de vie à laquelle il s’est tenu, de ses débuts à ce jour. Très fidèle en amitié, généreux et altruiste, sans calcul et sans intérêt, il ne doit la réussite de son parcours qu’à lui-même.

De la parfumerie familiale…

 

Né à Paris le 26 avril 1959, Erik Schaix habite Montmartre jusqu’à l’âge de trois ans. À ce moment, sa grand-mère décide de vendre les parfumeries qu’elle possède à Paris. Les grands-parents quittent la capitale et emmènent le jeune Erik avec eux pour s’installer à Cannes.

Ils ouvrent deux parfumeries, une derrière l’hôtel Majestic, puis une autre dans ses jardins. Plus tard, ils inaugurent dans l’hôtel lui-même ce que l’on appelle un « corner » de parfumerie, ces trois points de vente les rendent omniprésents dans ce luxueux quartier de la Croisette.

Erik Schaix est pensionnaire à l’Institut Stanislas de Cannes jusqu’au baccalauréat, d’où il ne peut sortir que les samedis et dimanches. À l’âge de 12 ans, il sort aussi le jeudi après midi, ce qui lui donne la possibilité d’aider davantage ses grands-parents dans les différentes parfumeries, lieux qu’il affectionne particulièrement et qui lui font découvrir l’univers du luxe.

C’est à 9 ans qu’il commence à s’intéresser aux pierres dures et aux décorations de vitrines en voyant les étalagistes envoyés par les grandes marques de parfum comme Dior, Saint-Laurent, Jean Patou, Nina Ricci et Jean Després.

Son sens de la décoration s’affirme vers 12 ans. Avec l’accord de ses grands-parents qui ont décelé ses capacités, il commence à décorer lui-même les vitrines où il passe tout son temps libre. Il les « habille » de tissus qu’il choisit avec attention, comme s’il décorait une pièce, puis invente une mise en scène en installant flacons et emballages factices, accessoires, bijoux et maroquinerie.

À partir de cet instant Erik Schaix se rend compte de ce qu’il veut faire. Mais c’est le film Peau d’âne avec Catherine Deneuve et Jean Marais qui lui donne l’envie de devenir couturier.

Lorsqu’il a 17 ans, à la fin de ses études, il demande à ses grands-parents de reprendre un magasin situé à côté d’une des parfumeries, pour en faire une maison de couture. C’était une galerie d’art dans laquelle il avait l’habitude de se rendre à chaque vernissage. Ce sont ces galeristes qui ont éveillé Erik Schaix à l’art et lui ont fait cadeau de deux tableaux, dont un Priking qu’il garde comme porte-bonheur…

…à l’hôtel Majestic de Cannes

 

Grâce aux propriétaires de l’Hôtel Majestic, Lucien et Martha Barrière ainsi que leur fille Diane, avec lesquels il entretenait des relations amicales depuis son enfance, Erik put devenir locataire de son magasin.

Lucien Barrière, qui était un grand travailleur, avait beaucoup d’affection pour Erik. Lorsqu’il traversait les jardins du Majestic en revenant du casino vers une heure du matin, il le voyait souvent travailler à « ses » vitrines : il regardait sa montre et lui faisait signe d’aller se coucher, à la fois courroucé et amusé !

Le bail de la galerie d’art fut transmis aux grands-parents par Lucien Barrière à la condition que ce soit le jeune Erik qui dirige et prenne en main le futur magasin, connaissant sa force de travail, son courage et son inventivité. Les relations privilégiées qu’il entretenait avec toute les clientes de l’hôtel lui garantissait le bon fonctionnement de son futur établissement.

Le magasin de couture s’est donc ouvert lorsqu’il avait 17 ans, et six mois plus tard il engage sa première d’atelier. Il s’agit d’Irène, qui deviendra par la suite son épouse, et avec laquelle il partage sa vie depuis maintenant quarante ans.

Vivant à Cannes, il fréquente avec joie le Festival du film ou le Midem et rencontre des vedettes de l’écran ou de la chanson comme Frank Sinatra, Samy Davis junior, Lisa Minelli, Shirley Basset, Gene Kelly, Joséphine Baker ou Cyd Charris avec laquelle il a même dansé une fois !

Il est alors tenté par la chanson et son parrain Georges Ulmer lui permet de débuter en faisant la première partie du spectacle de Virginia Vee, au Palais de la Méditerranée à Nice. Grâce à Betty Ulmer, l’épouse de Georges qui dirige les clubs Brummel de Cannes et de Deauville, il s’y produit de temps à autre lors des soirées à thème et fait plusieurs fois la une de Nice Matin.

Le grand saut vers la capitale de la mode

 

Cependant, à 18 ans il décide de tout plaquer, ne s’entendant plus avec ses grands-parents, et part sur un coup de tête pour Paris.

Il demande à Irène de lui prêter mille francs pour prendre un billet de train et une chambre d’hôtel quelques jours. Par chance, il trouve tout de suite un travail de vacataire aux PTT et peut habiter dans un foyer réservé aux employés pendant quatre mois, jusqu’à ce qu’il trouve un appartement.

Puis se souvenant du couturier Harry Algaud, créateur de robes du soir et client du Majestic, Erik se décide à l’appeler. Ils se connaissaient depuis qu’il avait dix ans et sachant intimement qu’il ne resterait pas longtemps avec ses grands-parents, Harry lui avait dit : « Je suis sûr que tu viendras à Paris ! Alors passe me voir et je te trouverai du travail ! ». Erik Schaix est immédiatement engagé pour préparer un salon de prêt-à-porter.

Il reste trois ans chez Algo puis part au service militaire en 1981, et devient chauffeur des deux aides de camp du Président de la République François Mitterand. On peut donc dire qu’ils sont arrivés ensemble à l’Elysée !
Il fut à cette époque le « recordman » des accidents de voitures un jour de verglas à Montmartre : 17 voitures endommagées, 22 constats établis et sa propre voiture complètement hors d’état. Il fut sermonné, mais garda son poste.

Pendant ses permissions, il continue à aider Harry Algaud pour les différents salons où il expose. Mais Erik Schaix a un désir secret : s’il a appris chez lui la coupe, le patronage et les toiles, il veut aussi dessiner.

Le désir se réalise rapidement, mais quelques mois plus tard Harry Algaud décède. Son ami Jean-Marc Colinet, qui dirige un important cabinet de communication, reprend l’affaire et confie la direction à Erik Schaix. Il dirige alors une quarantaine de personnes, dessine les vêtements des deux collections annuelles Algo et deux autres collections pour Alexis de Fursac, client de la maison. Au bout de trois ans le chiffre d’affaire est multiplié par quatre !

La Concorde, aboutissement et nouvelles perspectives

 

C’est à ce moment qu’un ami banquier lui conseille de créer sa propre maison de couture. À 26 ans, Erik Schaix s’installe alors au 6 rue Saint-Florentin, près de la Place de la Concorde, dans un grand local équipé d’un atelier de création et d’un showroom.Toujours entreprenant, il ouvre à Cannes, dans les jardins du Grand-Hôtel, une boutique qui ne tiendra pas ses promesses et qu’il fermera au bout de sept ans. Puis en 1999, il s’installe avenue Pierre Ier de Serbie où il présente chaque saison ses défilés et lance une collection pour hommes. Mais comme cela fait double emploi avec la maison-mère, il décide de fermer cette adresse au bout de trois ans. À côté du 6 rue Saint-Florentin, il installe en 2004 une galerie d’art en remerciement aux artistes qui ont participé à la manifestation Sculptures de Tempêtes, au Château de Versailles. Cette exposition visant à la résurrection et la pérennité des bois décimés par la tempête de 1999 a regroupé une vingtaine d’entre eux grâce au mécénat d’Erik Schaix.

En 2005, il ouvre une seconde galerie dans sa ville de prédilection, à Provins. La première, quant à elle, devient quelques années plus tard une joaillerie. Avec sagesse il centralisera en 2010 ses activités, afin de présenter à sa clientèle robes, bijoux et maroquinerie en un seul lieu.